« Les pèlerinages qui se déroulent de manière privée sont permis à condition qu'ils ne soient pas considérés comme une authentification d'évènements en cours et qui demandent encore un examen d'Eglise. »
La condamnation par l'évêque de Mostar est « un avis qui lui est personnel » et n'est donc pas un jugement de l'Eglise en tant que telle.
Pour les faits eux-mêmes, une nouvelle commission devra sans doute est constituée.
Cardinal SCHONBORN Paris-Toussaint 2004
Quelle est la position du Magistère de l'Église par rapport à Medjugorje?
Elle est inchangée depuis les premières prises de position de la conférence épiscopale de Yougoslavie, à l'époque. La congrégation de la doctrine de la foi, dont je suis membre, a confirmé cela autant que je sache à deux reprises par des lettres du secrétaire de la congrégation. La formule utilisée par les évêques de Yougoslavie à l'époque était "non constat de supernaturalitate" ce n'est pas affirmer que cela est surnaturel, ce n'est pas exclu ni affirmé. Non constat. Ce n'est pas une négation, ce n'est pas une affirmation de la supernaturalité.
Quelle en est la conclusion ?
Elle est double. Le magistère l'a reconfirmé par deux fois. Premièrement, il n'est pas permis de faire des pèlerinages officiels à Medjugorje. Officiel, c'est-à-dire qu'on ne peut pas faire un pèlerinage diocésain à Medjugorje, cela implique qu'il n'est pas interdit d'y aller en pèlerinage mais pas de façon officielle. Deuxièmement, il est demandé explicitement l'accompagnement pastoral de ceux qui se rendent à Medjugorje. Ces deux affirmations ont été encore reconfirmées par Monseigneur Bertone. Je pense que cela est une position très claire. N'essayons pas de tirer d'un côté ou de l'autre, gardons cette sobriété du Magistère de l'Église par rapport à ce phénomène dont le jugement définitif ne sera certainement pas avant la fin des phénomènes. Car l'Église ne donnera pas un chèque en blanc sur des révélations privées éventuellement à venir.
Voir la vidéo de Kto :
Le document cité plus haut (réponse en date du 26 mai 1998 de la Congrégation pour la doctrine de la foi à Mgr Gilbert Aubry) renvoie à la déclaration dite de Zadar de 1991 de l'ex-commission épiscopale yougoslave, dont le deuxième volet – reconnaissant l'existence de « rassemblements nombreux de fidèles » - recommande « l'attention et le soin pastoral des évêques » ; ce qui implique la présence de prêtres pour l'assistance spirituelle des pèlerins. Par ailleurs, le Cardinal Kuharic déclarait : « nous, les évêques, avons accepté Medjugorje comme lieu de prière, comme sanctuaire » (Glas Koncila, Aout 1993). Cette reconnaissance donne donc le même statut que Kibého ou la rue du Bac aux apparitions non officiellement reconnues.
Le Cardinal Christoph Schönborn commente ainsi cette réponse à Lourdes en juillet 1998: « La hiérarchie laisse sciemment l'affaire pendante (caractère surnaturel ni prouvé, ni nié ou exclu). Le Magistère ne se prononcera pas définitivement tant que dureront ces phénomènes […]. Mais c'est la mission des bergers de promouvoir ce qui grandit, de favoriser les fruits qui s'y manifestent, de protéger si besoin est des dangers qu'il y a partout évidemment […]. C'est pourquoi il est ou il serait si important que les évêques aussi prennent très ostensiblement sous leur sauvegarde la pastorale de Medjugorje, afin que soit protégé de possibles développements malheureux ce qu'il y a eu lieu comme fruits manifestes ».
Déjà, suite à une mauvaise interprétation d'une réponse de la Congrégation pour la doctrine de la foi à Mgr Taverdet, Joaquin Navarro-Valls, porte parole du Saint Siège, rectifiait le 8 août 1998 : « Vous ne pouvez pas interdire aux pèlerins d'y aller. De plus, quand les fidèles de la foi catholique vont en pèlerinage, ils ont droit à un accompagnement spirituel ; ainsi l'Eglise n'interdit pas aux prêtres de se joindre aux voyages organisés par des laïcs. L'Eglise ou le Vatican ont-ils dit non ? Non ! »
D'où les dizaines de milliers de prêtres et les quelque 300 évêques déjà venus à Medjugorje en pèlerinage privé.
En ce qui concerne la pensée du Pape, les évêques de la conférence épiscopale de l'Océan Indien ont certifié l'avoir entendue le 24 novembre 1993 : « Medjugorje est une clé pour la compréhension de se qui se passe dans le monde et pour l'avenir » (Attestation du 23/1/1997 de Mgr Gilbert Aubry, président de la conférence).
Signe parlant : pendant sa messe à Sarajevo, 30 prêtres de sa suite vont célébrer à Medjugorje. Déjà le 26 mars 1984, Jean Paul 2 déclarait à Mgr Hnilica : « Medjugorje, c'est la continuation de Fatima ! ».