La Position officielle de l'Eglise sur Medjugorje
Cardinal Schonborn
La position actuelle de Rome sur Medjugorje est officiellement précisée par la réponse en date du 26 mai 1998 de la Congrégation pour la doctrine de la foi à Mgr Gilbert Aubry (cliquez ici pour lire ce document). Pour en souligner l'importance, elle a été insérée dans les Acta S.Sedis. Elle précise :

•  « Les pèlerinages qui se déroulent de manière privée sont permis à condition qu'ils ne soient pas considérés comme une authentification d'évènements en cours et qui demandent encore un examen d'Eglise. »

•  La condamnation par l'évêque de Mostar est « un avis qui lui est personnel » et n'est donc pas un jugement de l'Eglise en tant que telle.

Cardinal SCHONBORN Paris-Toussaint 2004

Quelle est la position du Magistère de l'Église par rapport à Medjugorje?

Elle est inchangée depuis les premières prises de position de la conférence épiscopale de Yougoslavie, à l'époque. La congrégation de la doctrine de la foi, dont je suis membre, a confirmé cela autant que je sache à deux reprises par des lettres du secrétaire de la congrégation.
La formule utilisée par les évêques de Yougoslavie à l'époque était "non constat de supernaturalitate" ce n'est pas affirmer que cela est surnaturel, ce n'est pas exclu ni affirmé. Non constat. Ce n'est pas une négation, ce n'est pas une affirmation de la supernaturalité.

Quelle en est la conclusion ?

Elle est double. Le magistère l'a reconfirmé par deux fois. Premièrement, il n'est pas permis de faire des pèlerinages officiels à Medjugorje. Officiel, c'est-à-dire qu'on ne peut pas faire un pèlerinage diocésain à Medjugorje, cela implique qu'il n'est pas interdit d'y aller en pèlerinage mais pas de façon officielle. Deuxièmement, il est demandé explicitement l'accompagnement pastoral de ceux qui se rendent à Medjugorje. Ces deux affirmations ont été encore reconfir­mées par Monseigneur Bertone. Je pense que cela est une position très claire. N'essayons pas de tirer d'un côté ou de l'autre, gardons cette sobriété du Magistère de l'Église par rapport à ce phénomène dont le jugement définitif ne sera certainement pas avant la fin des phénomènes. Car l'Église ne donnera pas un chèque en blanc sur des révélations privées éventuellement à venir.


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Position officielle de l'Eglise catholique sur Medjugorje
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Le document cité plus haut (réponse en date du 26 mai 1998 de la Congrégation pour la doctrine de la foi à Mgr Gilbert Aubry) renvoie à la déclaration dite de Zadar de 1991 de l'ex-commission épiscopale yougoslave, dont le deuxième volet - reconnaissant l'existence de « rassemblements nombreux de fidèles » - recommande « l'attention et le soin pastoral des évêques » ; ce qui implique la présence de prêtres pour l'assistance spirituelle des pèlerins. Par ailleurs, le Cardinal Kuharic déclarait : « nous, les évêques, avons accepté Medjugorje comme lieu de prière, comme sanctuaire » (Glas Koncila, Aout 1993). Cette reconnaissance donne donc le même statut que Kibého ou la rue du Bac aux apparitions non officiellement reconnues.

Le Cardinal Christoph Schönborn commente ainsi cette réponse à Lourdes en juillet 1998 (cliquez ici pour lire l'interview): « La hiérarchie laisse sciemment l'affaire pendante (caractère surnaturel ni prouvé, ni nié ou exclu). Le Magistère ne se prononcera pas définitivement tant que dureront ces phénomènes [...]. Mais c'est la mission des bergers de promouvoir ce qui grandit, de favoriser les fruits qui s'y manifestent, de protéger si besoin est des dangers qu'il y a partout évidemment [...]. C'est pourquoi il est ou il serait si important que les évêques aussi prennent très ostensiblement sous leur sauvegarde la pastorale de Medjugorje, afin que soit protégé de possibles développements malheureux ce qu'il y a eu lieu comme fruits manifestes ».

Déjà, suite à une mauvaise interprétation d'une réponse de la Congrégation pour la doctrine de la foi à Mgr Taverdet, Joaquin Navarro-Valls, porte parole du Saint Siège, rectifiait le 8 août 1998 : « Vous ne pouvez pas interdire aux pèlerins d'y aller. De plus, quand les fidèles de la foi catholique vont en pèlerinage, ils ont droit à un accompagnement spirituel ; ainsi l'Eglise n'interdit pas aux prêtres de se joindre aux voyages organisés par des laïcs. L'Eglise ou le Vatican ont-ils dit non ? Non ! »

Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat du Saint-Siège et ancien secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, écrit dans un ouvrage publié en 2007 en italien :
« Les déclarations de l'évêque de Mostar reflètent une opinion personnelle, elles ne sont pas un jugement définitif et officiel de l'église. Tout est renvoyé à la déclaration de Zadar des évêques de l'ex-Yougoslavie du 10 avril 1991, déclaration qui laisse la porte ouverte à de futures enquêtes. Les vérifications doivent donc se poursuivre. Dans l'entre-temps, les pèlerinages privés sont permis avec un accompagnement pastoral des fidèles. Finalement, tous les pèlerins catholiques peuvent se rendre à Medjugorje, lieu de culte marial où l'expression de toutes les formes de dévotions est possible. »

Source : « La dernière voyante de Fatima : Ce que m'a dit soeur Lucia » du Cardinal Tarcisio Bertone avec Giuseppe De Carli (traduction de l'italien : Marie-Ange Maire Vigueur), Bayard, Paris, 2008, p. 109

Cardinal Bertone La dernière voyante de Fatima, ce que m'a dit soeur Lucia
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